Une mention A0
Une mention spécifique identifiera certains bâtiments considérés comme « à émissions nulles », sans supprimer les classes actuelles A à G.
Le diagnostic de performance énergétique connaîtra une nouvelle évolution au 1er janvier 2027. Mention « A0 », place renforcée des énergies renouvelables, informations sur les équipements, flexibilité énergétique et nouveau coefficient pour l'électricité : plusieurs changements vont modifier le contenu et, dans certains cas, le résultat du DPE.
Deux textes publiés durant l'été 2026 entreront en vigueur au 1er janvier 2027. Le premier adapte le contenu du DPE aux exigences européennes et crée notamment la mention « A0 ». Le second abaisse le facteur de conversion de l'électricité de 1,9 à 1,7. L'enjeu, pour les propriétaires comme pour les professionnels : distinguer ce qui relève d'une évolution méthodologique de ce qui traduit une réelle amélioration du bâtiment.
Une mention spécifique identifiera certains bâtiments considérés comme « à émissions nulles », sans supprimer les classes actuelles A à G.
Le DPE précisera la production d'énergie renouvelable sur site et son poids par rapport à la consommation énergétique.
Durée de vie des systèmes, fonctionnement à basse température et capacité d'adaptation de la consommation seront visibles.
Le facteur de conversion de l'électricité en énergie primaire passera de 1,9 à 1,7 au 1er janvier 2027.
L'objectif est double : rapprocher le DPE français des nouvelles exigences européennes sur la performance énergétique des bâtiments, et faire évoluer la manière dont l'électricité est prise en compte dans le calcul de la consommation en énergie primaire.
L'échelle actuelle du DPE, allant de A à G, est conservée. Il ne s'agit donc pas de créer une huitième classe supérieure à la classe A. Une nouvelle mention « A0 » pourra cependant apparaître pour les bâtiments considérés comme « à émissions nulles » au sens du nouveau cadre réglementaire.
Deux grandes conditions devront notamment être réunies : le logement devra disposer d'une étiquette DPE A ou B ; et aucune installation de chauffage ou de production d'eau chaude sanitaire ne devra être susceptible d'utiliser une énergie fossile sur site ou à proximité.
Les énergies utilisées pourront notamment provenir d'énergies renouvelables produites sur site ou à proximité, de l'électricité, ou d'un réseau de chaleur ou de froid répondant aux critères réglementaires d'efficacité.
Il s'agit d'une mention complémentaire permettant de distinguer certains bâtiments très performants dont les systèmes de chauffage et d'eau chaude sanitaire ne reposent pas sur des énergies fossiles.
Le futur DPE donnera davantage de visibilité à la production d'énergies renouvelables présente dans le bâtiment. Il devra notamment indiquer :
Panneaux photovoltaïques, solaire thermique, pompes à chaleur, géothermie, chauffage au bois ou raccordement à certains réseaux de chaleur ou de froid seront ainsi davantage intégrés à la lecture énergétique du logement.
Le diagnostic ne se limitera plus à une photographie de la consommation conventionnelle et des émissions. Il intégrera également une évaluation de la durée de vie restante du système de chauffage et, lorsqu'il existe, du système de climatisation.
Cette information devient particulièrement utile lors d'une acquisition ou dans la préparation d'un projet de rénovation : un équipement encore fonctionnel mais proche de sa fin de vie ne présente pas le même enjeu patrimonial qu'un système récemment installé.
Le futur DPE intégrera des informations relatives à la capacité du bâtiment ou du logement à adapter sa consommation d'énergie en réaction à des signaux externes. Il devra également préciser, lorsque cela est pertinent, si le système d'émission et de distribution de chaleur est capable de fonctionner à basse température.
Un réseau de chauffage fonctionnant correctement à basse température peut constituer un élément déterminant lors de l'étude d'une solution performante, comme certaines pompes à chaleur. Cette information ne remplace toutefois pas une étude de dimensionnement ou un audit énergétique.
La méthode évolue également dans la présentation des déperditions liées au renouvellement d'air. La ventilation et les pertes liées à l'aération ou aux défauts d'étanchéité à l'air seront distinguées plus clairement - les deux phénomènes ne répondant pas aux mêmes enjeux techniques.
Lorsque de l'énergie renouvelable est produite à l'échelle d'un bâtiment collectif, le texte prévoit une règle de répartition entre les logements : la production attribuée à un logement sera calculée en fonction du rapport entre sa surface de référence et celle du bâtiment.
Cela permet de mieux intégrer les installations collectives dans les diagnostics réalisés à l'échelle des logements.
C'est probablement l'évolution qui aura l'effet le plus visible sur certaines étiquettes. Un arrêté du 19 août 2026 prévoit qu'à compter du 1er janvier 2027, le facteur utilisé pour convertir l'électricité consommée en énergie primaire passera de 1,9 à 1,7. Cette évolution concerne les DPE mais également certains audits énergétiques réglementaires.
La diminution du coefficient électrique agit sur le calcul réglementaire. Elle ne réduit pas, à elle seule, les déperditions du logement, ses besoins de chauffage ou sa consommation réelle d'électricité.
L'évolution sera particulièrement favorable aux logements dont une part importante des consommations prises en compte dans le DPE est électrique. Cela concerne notamment de nombreux logements équipés :
Cela ne signifie pas pour autant que chaque logement électrique changera automatiquement de classe : le résultat dépendra toujours de sa position par rapport aux seuils du DPE et de l'ensemble de ses caractéristiques.
Non. Les diagnostics réalisés avant le 1er janvier 2027 et toujours en cours de validité conserveront leur validité.
Pour les DPE concernés par la modification du facteur de conversion de l'électricité, une attestation permettra d'obtenir une nouvelle étiquette calculée avec la valeur de 1,7. Cette attestation sera générée sous forme dématérialisée par l'ADEME via l'Observatoire DPE-Audit et pourra être téléchargée sans nécessiter une nouvelle visite du diagnostiqueur.
C'est le principal point de vigilance à retenir : une amélioration d'étiquette peut avoir deux origines très différentes.
Isolation, remplacement des menuiseries, amélioration de la ventilation, rénovation du chauffage, régulation, pompe à chaleur ou production renouvelable peuvent réellement diminuer les besoins et consommations énergétiques.
Avec le passage du coefficient électrique de 1,9 à 1,7, certains logements pourront obtenir une meilleure étiquette sans travaux. Le classement réglementaire évolue alors, mais les caractéristiques physiques du bâtiment restent identiques.
Pour juger réellement de la performance énergétique d'un bâtiment, il reste nécessaire de regarder au-delà de la lettre : niveau d'isolation, équipements, consommations réelles, confort d'été et d'hiver, état des systèmes et scénarios de travaux.
Les propriétaires et professionnels préparant des travaux à cheval entre 2026 et 2027 devront être particulièrement attentifs aux hypothèses utilisées dans les simulations.
Ces évolutions vont dans le sens d'un DPE intégrant davantage d'informations sur les équipements, les énergies renouvelables, la décarbonation et la capacité des bâtiments à interagir avec le système énergétique.
Mais elles rappellent aussi une distinction essentielle : une étiquette réglementaire et la performance réelle d'un bâtiment ne sont pas exactement la même chose. Un changement méthodologique peut améliorer une classe DPE ; il ne répare pas une toiture mal isolée, ne réduit pas les infiltrations d'air, ne remplace pas un équipement vieillissant et ne diminue pas automatiquement la facture énergétique.
Pour décider des travaux, il reste essentiel de croiser performance conventionnelle, consommations réelles, état du bâtiment, confort, coûts, contraintes techniques et retour sur investissement.
Un premier échange pour analyser la performance réelle du bâtiment, identifier les actions prioritaires, comparer les scénarios de travaux et construire une trajectoire cohérente.
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