EcoVertaConsul't Contact
Réglementation · Décarbonation

Décarbonation du chauffage : de nouvelles exigences dès 2027

Un décret publié en septembre 2026 renforce les exigences environnementales applicables aux équipements de chauffage, de refroidissement et de production d'eau chaude sanitaire. Pour les bâtiments neufs, un nouveau seuil carbone sera progressivement imposé selon la catégorie de construction.

Radiateur à eau équipé d'une tête thermostatique dans une pièce lumineuse
Le contenu carbone de l'énergie devient un critère de choix des systèmes énergétiques

Le décret n° 2026-863 du 12 septembre 2026 introduit de nouvelles exigences de performance environnementale. Pour les bâtiments neufs concernés, le choix d'un système de chauffage, de refroidissement ou de production d'eau chaude sanitaire devra intégrer le coefficient carbone de l'énergie utilisée. La réglementation ne s'intéresse donc plus uniquement aux performances énergétiques des équipements.

79 gCO₂e/kWh

Le nouveau seuil applicable aux énergies utilisées par les équipements concernés dans les bâtiments neufs.

2027

Entrée en application pour les bâtiments neufs à usage d'habitation.

2028

Application aux constructions réalisées sous maîtrise d'ouvrage publique.

2030

Application aux autres constructions neuves, dont de nombreux bâtiments tertiaires privés.

La question ne sera plus seulement : « quel équipement installer ? ».

Le choix devra également tenir compte de l'énergie mobilisée, de son coefficient carbone, des besoins du bâtiment et du calendrier réglementaire du projet.

Un seuil carbone fixé à 79 gCO₂e/kWh pour le neuf

Le décret crée un nouvel article R. 172-14 dans le Code de la construction et de l'habitation. Pour pouvoir être installé dans un bâtiment neuf concerné, un équipement de chauffage, de refroidissement ou de production d'eau chaude sanitaire devra utiliser une énergie dont le coefficient de transformation est inférieur à 79 grammes équivalent CO₂ par kilowattheure d'énergie finale en pouvoir calorifique inférieur (PCI).

Le texte fait donc évoluer la manière d'intégrer l'impact environnemental des systèmes énergétiques dans les projets de construction.

Attention aux raccourcis

Le seuil de 79 gCO₂e/kWh ne doit pas être présenté comme une simple « interdiction du gaz » ou d'un équipement précis. Le décret fixe un niveau minimal de performance environnementale lié au coefficient de transformation de l'énergie à laquelle l'équipement recourt. La conformité s'apprécie selon les coefficients réglementaires applicables aux différentes énergies et à la configuration du système retenu.

Une application progressive entre 2027 et 2030

Le nouveau seuil n'entre pas en vigueur à la même date pour tous les bâtiments : le calendrier dépend de leur usage et du maître d'ouvrage. Dans les trois cas, le critère retenu est le dépôt du permis de construire ou de la déclaration préalable à compter de la date indiquée.

Habitation : 1er janvier 2027

Les bâtiments neufs à usage d'habitation ouvrent le calendrier.

Maîtrise d'ouvrage publique : 1er janvier 2028

Les constructions réalisées sous maîtrise d'ouvrage d'un organisme public suivent un an plus tard.

Autres bâtiments neufs : 1er janvier 2030

C'est l'échéance qui concerne notamment de nombreux bâtiments tertiaires privés.

Pour les collectivités, bailleurs, promoteurs et gestionnaires de patrimoine, ces échéances doivent être intégrées suffisamment tôt dans la programmation des opérations immobilières.

Quels équipements sont concernés ?

Dans les bâtiments neufs relevant du dispositif, l'exigence concerne trois grandes fonctions :

  • Les équipements de chauffage.
  • Les équipements de refroidissement.
  • Les équipements de production d'eau chaude sanitaire.

Réseaux de chaleur et équipements de secours : des cas spécifiques

Le seuil de 79 gCO₂e/kWh ne s'applique pas aux équipements permettant le raccordement à un réseau de chaleur ou de froid. Les équipements utilisés uniquement en secours sont également exclus de cette exigence.

Cette distinction est importante pour les collectivités et les maîtres d'ouvrage situés dans des zones desservies par un réseau énergétique existant ou en développement.

Des exceptions pour certaines extensions

Le décret prévoit également des situations dans lesquelles l'exigence applicable aux bâtiments neufs ne s'applique pas à certaines extensions. Cela peut notamment concerner :

  • Certaines contraintes liées aux servitudes, au droit des sols ou au droit de propriété.
  • Les extensions ne comportant pas l'installation d'un nouvel équipement concerné.
  • Certaines extensions de moins de 150 m².
  • Certaines extensions représentant moins de 30 % de la surface du bâtiment existant.

Lorsque ces dispositions sont utilisées, le maître d'ouvrage doit pouvoir justifier la situation au moyen d'une note établie par un professionnel répondant aux conditions prévues par le texte. Cette note doit être conservée pendant toute la durée de vie de l'équipement concerné.

Et pour les bâtiments existants ?

Le décret modifie également les règles applicables à l'installation d'équipements dans les bâtiments existants. À partir du 1er janvier 2027, l'article R. 171-13 du Code de la construction et de l'habitation évolue notamment dans la manière de caractériser la performance environnementale de l'énergie utilisée.

Neuf et existant : deux dispositifs à distinguer

Le seuil de 79 gCO₂e/kWh présenté dans le nouvel article R. 172-14 concerne les bâtiments neufs selon le calendrier 2027-2030. Les bâtiments existants restent encadrés par l'article R. 171-13, modifié par le même décret, pour les travaux engagés après le 1er janvier 2027.

Quelles conséquences pour les maîtres d'ouvrage ?

Le choix d'un système énergétique devra être examiné de plus en plus tôt dans la conception d'un projet. La comparaison ne peut plus se limiter au prix d'achat de l'équipement. Elle doit progressivement intégrer :

  • Les besoins énergétiques réels du bâtiment.
  • La performance de l'enveloppe.
  • Le coût d'investissement.
  • Les consommations prévisionnelles.
  • Le coût d'exploitation et de maintenance.
  • Le coefficient carbone de l'énergie utilisée.
  • La disponibilité d'un réseau de chaleur ou de froid.
  • La compatibilité avec les futures exigences réglementaires.
  • Les possibilités de recours aux énergies renouvelables.
Anticiper les choix énergétiques avant la consultation des entreprises.

Plus le système énergétique est étudié tôt, plus il est possible de comparer plusieurs scénarios techniques et économiques avant que le projet ne soit verrouillé.

Une approche globale pour décarboner les bâtiments

Remplacer un équipement ne suffit pas toujours à construire une stratégie énergétique performante. Avant de sélectionner une nouvelle production de chaleur ou de froid, il est pertinent d'examiner les besoins du bâtiment et les possibilités de les réduire.

1. Réduire les besoins énergétiques

Isolation, protections solaires, régulation, ventilation ou optimisation des usages permettent de diminuer les besoins avant de dimensionner les équipements de production.

2. Évaluer plusieurs scénarios énergétiques

Pompe à chaleur, réseau de chaleur, solution hybride, récupération de chaleur ou autres solutions peuvent présenter des performances différentes selon le bâtiment, son implantation et son profil d'utilisation.

3. Comparer les coûts sur la durée

L'investissement initial doit être rapproché des consommations, de la maintenance, de la durée de vie des équipements et des évolutions possibles du prix des énergies.

4. Vérifier la conformité réglementaire

Le calendrier du projet doit être rapproché des dates d'application des nouvelles exigences afin d'éviter de retenir une solution incompatible avec la réglementation applicable au moment du dépôt de l'autorisation d'urbanisme.

Pour le tertiaire : croiser les différentes obligations

Pour les propriétaires et gestionnaires de bâtiments tertiaires, le choix des systèmes énergétiques s'inscrit dans un cadre réglementaire plus large. Selon le bâtiment et sa situation, plusieurs sujets peuvent se croiser :

  • Décret Éco Énergie Tertiaire et objectifs de réduction des consommations.
  • Décret BACS et automatisation des systèmes techniques.
  • Performance énergétique des équipements.
  • Décarbonation des usages thermiques.
  • Photovoltaïque et autoconsommation.
  • Réseaux de chaleur.
  • Certificats d'économies d'énergie et dispositifs de financement.

L'enjeu consiste donc à éviter une succession de décisions isolées et à construire une trajectoire énergétique cohérente à l'échelle du bâtiment ou du patrimoine.

Le regard EcoVertaConsul't

EcoVertaConsul't accompagne les collectivités, entreprises et gestionnaires de patrimoine dans l'analyse énergétique de leurs bâtiments et la définition de scénarios de décarbonation : audit énergétique, analyse des consommations, comparaison de scénarios de chauffage et de production d'eau chaude, analyse économique des investissements, prise en compte des décrets Éco Énergie Tertiaire et BACS, identification des aides et CEE mobilisables, et construction d'un plan d'actions pluriannuel.

Ce qu'il faut retenir

  • Le décret n° 2026-863 du 12 septembre 2026 crée l'article R. 172-14 du Code de la construction et de l'habitation.
  • Le seuil est fixé à 79 gCO₂e/kWh PCI sur l'énergie utilisée par l'équipement.
  • Il concerne le chauffage, le refroidissement et l'eau chaude sanitaire des bâtiments neufs.
  • Application au 1er janvier 2027 pour l'habitation, 2028 sous maîtrise d'ouvrage publique, 2030 pour les autres constructions neuves.
  • Le critère retenu est la date de dépôt du permis de construire ou de la déclaration préalable.
  • Les raccordements aux réseaux de chaleur ou de froid et les équipements de secours sont exclus.
  • Certaines extensions bénéficient d'exceptions, à justifier par une note conservée sur la durée de vie de l'équipement.
  • Les bâtiments existants relèvent de l'article R. 171-13, également modifié, pour les travaux engagés après le 1er janvier 2027.

FAQ - Décret du 12 septembre 2026

Le seuil de 79 gCO₂e/kWh s'applique-t-il à tous les bâtiments dès 2027 ?
Non. L'application est progressive : bâtiments neufs à usage d'habitation à partir du 1er janvier 2027, constructions sous maîtrise d'ouvrage d'un organisme public à partir du 1er janvier 2028, autres bâtiments neufs à partir du 1er janvier 2030.
Le décret interdit-il directement les chaudières gaz ?
Le texte n'est pas rédigé comme une interdiction nominative d'un équipement ou d'une énergie. Il impose un seuil de performance environnementale calculé à partir du coefficient de transformation de l'énergie utilisée. La conformité d'une solution doit donc être vérifiée selon les coefficients réglementaires applicables.
Les réseaux de chaleur sont-ils concernés par le seuil de 79 gCO₂e/kWh ?
Les équipements permettant le raccordement à un réseau de chaleur ou de froid sont explicitement exclus de cette exigence par le nouvel article R. 172-14.
Le décret concerne-t-il également les bâtiments existants ?
Oui, mais avec un dispositif différent. Le décret modifie également l'article R. 171-13 applicable aux équipements installés dans les bâtiments existants. Les nouvelles dispositions concernent les travaux engagés après le 1er janvier 2027.
Quand faut-il intégrer cette évolution dans un projet ?
Dès les premières études de programmation. Le choix énergétique influence le dimensionnement des équipements, l'investissement, les consommations futures et la conformité du projet. Il est donc préférable de comparer plusieurs scénarios avant de figer la conception.
Les extensions sont-elles toujours soumises à l'exigence ?
Le décret prévoit des situations d'exclusion, notamment certaines contraintes de servitudes ou de droit des sols, les extensions sans installation d'un nouvel équipement concerné, certaines extensions de moins de 150 m² et certaines extensions représentant moins de 30 % de la surface existante. Une note justificative établie par un professionnel doit alors être conservée.
Marzouk Mohamed Co-fondateur · Ingénieur en efficacité énergétique

Ingénieur ENSIATE, spécialisé en performance énergétique des bâtiments tertiaires. Accompagne les directions patrimoine sur la conformité Décret Tertiaire, BACS, GTB et l'optimisation des consommations.

Vous prévoyez de remplacer ou de concevoir un système de chauffage ?

Audit énergétique, comparaison de scénarios, analyse économique et trajectoire de décarbonation : faisons le point sur les solutions adaptées à votre bâtiment et à vos échéances réglementaires.

06 51 31 37 71

Parler à un expert

Remplissez ce formulaire, nous revenons vers vous sous 24 h ouvrées.

Vos données servent uniquement à traiter votre demande.